Something Stupid.




Vous le saviez, ça devait arriver. Un joli panégyrique serait bien inutile. J'en reste là, à 1500 commentaires, et ma vie change de page. Pour la poignée d'irréductibles et même pour ceux qui postent des pubs tiens, vous pouvez venir.


# Gepost op vrijdag 12 oktober 2007, 11u52

Personality goes a long way.

Personality goes a long way.



Je redécouvre à l'instant les joies du Skyblog en perdant en une seconde une heure de réflexions plus ou moins diverses sur les facettes de la vie de Jean, 18 ans, jeune qui ne l'est plus vraiment. Je me décourage vite, ou alors le rendez-vous demain à 9h au pied de la Pyramide du Louvres a plus d'impact sur moi que je ne le croyais. Peut-être aussi ne parviens-je pas à me détacher du passif plus ou moins lourd que traîne ce blog et ses années d'insouciances.

Il faudrait que je redémarre mais pour dire quoi ? Il faudrait que je me relance mais pour intéresser qui ? Il faudrait que j'ai le temps et la force d'écrire, de me remettre en question, toujours, tout le temps, sans répit. Parce que je ne conçois pas l'écriture autrement, tout simplement. Ecrire léger ? Autant le vivre. Ecrire méchamment ? Autant se taire. Ecrire sur les autres ? Autant se faire psychiatre. Je veux écrire du vrai, du consistant, du réfléchi.

C'est Johanna qui m'a redonné la pointe de curiosité qui a suffi, j'ai soudain eu envie d'écrire, avec la musique fort, au risque de déplaire à Charlotte, la voisine. Il y a aussi eu Ariane, avec ses cheveux roux et sa chauve-souris, qui, du haut de ses 17 ans et ses trois publications, m'a rappelé qu'il était un temps bénit où j'aimais ça.

Alors, je vais essayer, sur Word. En attendant, il s'agit de dormir. Pour oublier, chez certains. Pour récupérer, chez d'autres. Ou pour rêver de toi, sinon. J'ai l'impression d'être capable de faire un truc bien. Une question de patience, sûrement.


# Gepost op maandag 17 september 2007, 21u09

Gewijzigd op maandag 17 september 2007, 23u51

Ces gens-là.

Ces gens-là.



Je vous assure j'avais prévu d'écrire ce soir. J'avais tout préparé, dans ma petite tête. J'allais raconter comment je suis rentré chez moi à pied tout à l'heure. La Volvo qui roule dans une flaque à côté de moi, les escargots qui migrent de l'autre côté de la piste cyclable et mon pélerinage au 3, rue Eugène Pottier. Tout, j'allais tout dire. Mais non.


Non parce que je viens de lire un blog qui m'a presque dégoûté du genre humain (comme si passer la soirée avec deux sarkozystes homophobes suffisait pas). Non parce que tout ce que je pourrai jamais écrire ne vaudra rien. Mais alors rien. Et non parce que je pense que le fait d'exposer sa vie béate pourrait presque passer pour de la prétention.


Mais c'est qu'il a un joli complexe d'infériorité le petit. Et voilà, tout de suite. Vous voyez, c'est facile hein, je retombe comme ça toujours dans mes espèces de méandres empécheuses d'enterrer en rond (celui qui me trouve la chanson d'origine sans tricher gagne mon estime). Impossibilité chronique de rendre un produit fini. Y avait une fille comme ça dans la classe, à ce qu'il paraît, si elle rendait pas ses disserts, c'est qu'elle arrivait jamais à en être satisfaite. Ah pour les faire elle les faisait, mais pas moyen de se relire et de se dire : j'ai fait un truc bien. Bon, je vous vois venir hein, Jean tu exagères, comme toujours. Certes je n'en suis pas encore à ce stade, et heureusement pour moi. Mais n'empêche, vraiment pas moyen de juste écrire une merde, trouver une image qui fait classe, fermer les yeux en cliquant sur publier et basta.


C'est ballot hein. Bon dieu qu'est-ce que je déteste ce mot. Il mérite même pas le statut de mot.


Oui, parce que bon, à côté de ça, je vais très bien hein. Franchement ma vie c'est pas ce qu'on pourrait appeler un chemin de croix. Ca (la flemme de copier-coller le ç majuscule depuis Word) avance, comme ça, et je vais bien. Bien parce que j'ose pas dire heureux. Il fait trop peur ce mot et puis Thomas ne croit pas au bonheur et mine de rien Thomas, il me laisse pas indifférent. Et aussi y a que tu vois, on m'a toujours appris que le vrai bonheur tout ça, c'est quand tu t'accomplissais, que tu donnais de toi-même, que tu te sacrifiais dans l'effort et que tu pouvais récolter les fruits de ton labeur en te disant j'ai fait un truc bien. Alors voilà, moi, comme ça, à 18 ans, je me vois pas prendre toute la philosophie occidentale par derrière en disant que je suis heureux sans forcément m'accomplir dans un truc précis. Mais c'est pas la tentation qui manque pourtant.


Oui, alors bien sûr, me direz-vous, et qu'est-ce que tu fais de tes deux ans de bloguerie, qui traîne, là-bas, vers les pages du fond. Eh bien je vous répondrai que ce n'était pas moi. Pas vraiment moi. En fait c'est çà, ce qui me pète les boules, c'est que y a des gens biens qui lisent mon blog. Bon ça, à la limite, ça passe tu vois, quoique je sais pas ce qu'ils font là, je leur ai pas demandé moi, de venir lire ça. Mais en fait j'ai peur, tu vois, de pas être moi, de leur faire croire que je me dévoile comme ça et de les décevoir. Et je coupe court à tout argument bidon du style mais si tu parles pas de toi, personne verra rien. Si, tout le monde verra, parce que quand je parle de cinéma, de cul ou de ta mère, eh ben c'est quand même moi, derrière, ou devant parfois.


Donc moi, voilà, je suis là, avec mes petits caractères Times New Roman et j'ai peur. Parce que franchement, mon blog jusqu'ici c'était quoi. Basura, comme dirait l'autre. Oui, j'étais content, je faisais des petites allusions par-ci par-là, j'essayais de penser. Y a encore un an j'avais pas trop de mal. J'écrivais ce qui me passait par la tête, je plaçais une ou deux références à la fille du moment et tout le monde était content. En fait voilà, mon blog ça a toujours été ça, un attrape-mouches. Ah, c'est que je me débrouillais bien. Et vas-y que je te plaque un petit article en forme de dithyrambe, un petit sous-entendu que tu sais qu'il y a qu'elle qui pourra comprendre. Ah et le coup des fins d'articles cachées, il était pas génial celui-là. Bon le problème c'est qu'à la fin tout le monde savait, alors ça la foutait mal, mais j'en étais fier, il marchait bien.


Et croyez-le ou non mais des gens me lisaient. Enfin, passaient, dira-t-on. Les gens, même cette année, ils continuent à cliquer sur leur petit marque-page machistadorrr, et ils viennent voir. Juste voir, si y a pas un truc de changé. Ils viennent pas parce que ça leur plaît, non. Ils viennent parce qu'ils me connaissent et que c'est un moyen de voir un peu ce que je deviens, si y a pas des petits trucs croustillants à apprendre. Parce que c'est ça le blog, vous croyez quoi. Franchement, si Thomas ne déversait pas ses crises sur son blog, je m'en fouterais. Et si les gens de HK1 parlaient que des cours, vous croyez vraiment que j'irais sur le blog de la classe ? Pensez au nombre impressionnant de blogs que vous consultez. Pour beaucoup, vous n'y allez pas pour le contenu mais pour la personne qui les tient. Ce n'est pas si terrible, me direz-vous, c'est même une intention honorable. Certes.


Toujours est-il que je parle de moi depuis le début et vous voyez, ça n'a pas beaucoup fait avancer le débat. Cultivez-vous, rencontrez, découvrez, faites des trucs. Roulez-vous un joint, enivrez-vous. De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise, mais faites quelque chose !


Je roule des mécaniques, je baisse mon froc, je m'asperge de bons sentiments mais ça vaut quoi, au final ? Y aurait moyen de dériver sur une réflexion plus vaste, à propos de la littérature, du sens d'écrire, toutes ces conneries mais c'est pas mon domaine. Je parle de moi, en bon parisien, parce que c'est un des rares sujets que je maîtrise un peu. Et puis c'est tellement bien l'humain, c'est tellement génial, tellement infini. Je voudrais rencontrer des gens et les déconstruire. Pas genre les tuer, ça non, c'est pas drôle, mais genre, fouiller jusqu'au bout, voir leurs traumatismes, leurs complexes d'enfance, les bousculer, les frapper pour voir comment ils réagissent. L'humain c'est putain de bien. Pas besoin d'en rajouter avec des façades à la con.


# Gepost op zondag 01 juli 2007, 21u52

Pétain reviens t'as oublié ton chien.

Pétain reviens t'as oublié ton chien.



C'est vraiment trop dur d'écrire.


Querelles de clocher dans mon Hypokhâgne préférée.


# Gepost op woensdag 09 mei 2007, 15u10

Rêve n°2 : Être le fils caché de Julien Fernando Casablancas.

Rêve n°2 : Être le fils caché de Julien Fernando Casablancas.



Thomas me trouve détestable. Mon dernier article, imbu de lui-même. C'est vrai peut-être, mais je déteste et refuse de croire que je puisse être dans ce style. Parfois, on dit de quelqu'un qu'il ne se prend pas pour de la merde, ou qu'il pète plus haut que son cul, que ses chevilles enflent, qu'il est prétentieux, orgueilleux, vaniteux, pédant, qu'il étale sa science de la vie, de la littérature, de tout, n'importe quand, à n'importe qui. Il veut être reconnu, vu, aimé et ne réussit qu'à faire l'inverse. Je déteste tous les mots que je viens de citer.


Certaines fois, je me demande vraiment si je ne suis pas finalement qu'un pauvre ado, qui n'a jamais fait un effort de sa vie, qui jouit de la vie passivement, comme on jouirait d'un orgasme sans amour ou d'une banale cigarette. Puis je pense à ce que je vis en prépa actuellement, aux copies sur lesquelles j'ai passé mes nuits, aux gens que j'ai rencontrés, qui m'apprécient, m'aiment pour ce que je suis. Et je me dis que non, vraiment, non, je ne suis pas un jouisseur imbu. Que je donne dans une relation, qu'il m'arrive de ne pas avoir d'arrière-pensées, d'être spontané, gratuit.


La gratuité, en voilà une chose. Le désintéressement, le bon, pas l'autre. J'ai l'impression parfois de l'atteindre, je le ressens. Ou plutôt non, je le vis, parce que je n'y pense pas, parce que agir en vue d'agir de manière désintéressée, ce serait comme mentir pour ne pas mentir. Enfin, je veux dire, c'est nul. Ça doit être irréfléchi, spontané. Tout à l'heure, un homme s'escrimait à trouver la direction du Procope, arrêtait les gens autour de lui. Avoir pris plaisir à lui indiquer la direction, est-ce que cela fait de moi un prétentieux ? Souvent, je me surprends à dire merci, au revoir, bonjour ; j'offre des cigarettes, du feu, des verres (enfin, pas toujours). Et je fais ça volontiers, parce que j'aime donner aux gens, j'aime voir la lueur dans leurs yeux, parfois.


Un clochard une fois passait dans l'allée d'un métro de la ligne 10. Il mendiait, de la monnaie, des tickets restaurants, ou même un sourire, ça fait toujours plaisir. Cet homme m'a touché, même s'il achète des bières et des cigarettes avec l'argent, je le vois souvent sur le banc près de chez moi. Eh bien, je lui ai souri, maladroitement, comme on sourit à un examinateur. Et il m'a regardé, a marqué un temps d'arrêt, puis a poursuivi sa course monotone de wagon en wagon. Un instant, je me suis senti proche de cet homme, et j'ai partagé son quotidien. Cela m'a suffit à me sentir bien.


Un jour, un prof avait annoté sur un de mes devoirs de littérature, en rouge et souligné deux fois : devoir pédant et irréfléchi. A côté, la note, 16. Je ne sais qu'en penser. Peut-être s'agit-il d'être pédant en prépa. Oubliée la modestie de bon aloi, qui consistait à garder ses références pour soi. Ma foi, étalons, étalons, c'est ce qu'on attend de nous. Comment voulez-vous, après ça, continuer à être un parfait modèle d'humilité ? Suis-je schizophrène ?


Bien sûr, quand on me demande où je fais mes études, je réponds à Paris. Puis, si on insiste, je dis en prépa littéraire. Et si vraiment, on veut savoir, alors j'annonce la couleur. Et alors, on fait un « aaaah » ou un « oooh » et puis on demande : « Vous tenez le coup ? ». Oui, merci, je le tiens. Un peu trop même. Et j'en ai marre, j'ai peur, j'appréhende. Tout. Ce que je vais devenir, ce que je vais faire de moi. Dira-t-on de moi un jour le meilleur mais aussi le plus simple des compliments qui puissent être, à mon avis : « C'est quelqu'un de bien ». J'aime savoir que j'ai ma destinée entre mes mains, ça je l'ai déjà dit. Mais alors que je ne la gâche pas. Ce serait bien.



# Gepost op donderdag 26 april 2007, 19u25