Rêve n°1 : M'injecter des fellations en intra-veineuse.

Rêve n°1 : M'injecter des fellations en intra-veineuse.




Aller en boîte a toujours été pour moi le fruit de plein de réflexions. Je sais ce que vous pensez, qu'en hypokhâgneux consommé, je vais m'enflammer et pondre une espèce de diatribe anti-boîte, anti-jeune, anti-drogue et anti-house. Vous vous méprenez. D'abord, parce que je suis jeune, que je vais en boîte, que je me drogue et que j'écoute de la house. Et ensuite, parce que les diatribes, c'est pas mon truc. Rappelez-vous, je vote Bayrou, le rassemblement, le dialogue, tout ça.



Donc la boîte. En général, on s'y retrouve par la force des choses. Tu viens au before chez Arthur? Before de quoi? J'sais pas, before. Et donc, on boit. C'est le but du before, en fait. Une fois bu, on sort. On sort où? J'sais pas on sort. Après une errance plus que collective, on finit par s'amasser dans une grande salle, avec une scène, quelques sièges épars, et un bar, inamovible.



Une fois à l'intérieur, les points de vue divergent, et dix verges, c'est énorme. Oui, je la fais tout le temps mais d'abord... Je fais ce que je veux avec mes cheveux. On peut voir ça comme des espèces d'animaux politiques modernes, qui portent 1000 euros de fringue sur eux, qui boivent, fument, font des mouvements désordonnés, lèvent les mains en l'air, beuglent, et tout ça dans le but d'attirer l'attention d'un congénaire du sexe opposé. Ou du même sexe, quoique ceux-là sont moins cons, en général. Ou peut-être que j'en connais moins, aussi. Bref, si on veut se la jouer Ma mère s'appelle Uzbek et mon père c'est Rica, ça donne à peu près ça.


Mais si on veut se la jouer Capucine, provinciale intégrée quasiment parisienne, cela prend une toute autre dimension. La boîte devient un lieu branché, pratique pour trouver un coup d'un soir, où il fait bon se montrer et avoir ses entrées et où, surtout, on s'éclate. S'éclater. En voilà un mot. D'ailleurs, même plus besoin d'excuse pour se ridiculiser ou dire des conneries. Vous êtres vraiment trop con. Mais c'est toi qui est con Maurice, on s'éclate, nous.



Bref, la boîte est un lieu conspué, vénéré, rentable, chiant, baisable, élitiste, hype, bruyant, désespérant, excitant, impersonnel, polythéiste, délétère, militant, cosmopolite, définitivement chiant, et tout ça à la fois.



Malgré tout, je n'aurais pas complètement perdu ma soirée d'hier. Le videur de Seven, par exemple. Un certain Yves, si je ne m'abuse. Grand, profil au couteau, nez dur, yeux sombres, cheveux rabattus à l'overdose de Gel bon marché, faciès de videur, désagréable. Hier, ils attendaient, à trois, oui parce que le bon videur n'est jamais seul, histoire de. Et donc, ils attendaient, derrière la porte, et scrutaient avec minutie, à travers une petite fenêtre teintée, la foule des prétendants. A certains, on ouvraient. A d'autres on ouvraient mais c'était pour leur dire de s'en aller. On voyait que Yves, il aimait ça. C'était sa petite transcendance à lui, de choisir les gens qui entraient. Sa petite jouissance perso, sa manière de se montrer, de se poser, en tant qu'être vivant au sein d'une société, sa manière d'exister aux yeux des autres. Il ne fait certainement pas ce métier-là à temps plein, mais avec quelles étoiles dans les yeux il doit en parler aux collègues du bureau minable dans lequel il bosse la journée. C'est à dire qu'il cache son jeu, tout de même. Ah, ça! Et donc, il sert des mains, il engueule des types, il sert des mains, engueule des types, enregistre des gueules, serre des mains, rit avec ses collègues videurs, drague une cliente, serre des mains, engueule des types. Le videur fait le beau, c'est son métier. Allez, Yves, fait le beau. C'est bien.


Tout ça ressemble furieusement à une diatribe de frustré qui s'est fait vidé, justement. Bon, ok, je retire ce que je dis sur la diatribe, j'en fais des fois, mais c'est rare. Et pour la petite histoire, je me suis pas fait vidé, parce que j'étais avec des filles, et des mecs qui font les beaux, aussi. Tu comprends entre beaux, ça se reconnaît.


J'ai l'impression d'avoir été méprisant. J'ai un arrière-goût amer dans la bouche. Même mes qualités se font oublier des fois. Et alors, les études, ça va? Ca va. Les filles, ça va? Ca va. La famille, ça va? Ca va. Quand je pense que j'ai pissé trois copies d'espagnol y a deux nuits, j'ai encore du mal à me regarder dans un miroir. Et j'ai toujours un peu mal au sexe. Oui, ça passe mal. Mais finalement, qu'est-ce que c'est que la vie sinon une suite de concours de beauté? Méditez.


Quant aux boîtes, je pense que j'y retournerai quelques fois. Et puis, je rentrerai chez moi vers 2h30 parce que j'en aurai marre et que la prépa m'aura fatigué. Et je rentrerai à pied, depuis Lille, ou Paris, ou Rivedoux-Plage, peu importe, dans le froid, l'obscurité, les effluves d'alcool qui t'embrument encore un peu l'esprit, et quelqu'un à côté, à qui tu peux parler et te sentir heureux après l'avoir quitté. Quelqu'un de bien. Si, si, ça existe encore.



# Posté le dimanche 08 avril 2007 19:28

Funeral.

Funeral.



Envoyez des sioux.



[ Je peux vous proposer d'écouter Rebellion (lies) ou de mourir ]


# Posté le samedi 07 avril 2007 12:29

Elle & moi. Ou comment je suis capable de parler de ma vie sans pour autant me flageller.

Elle & moi. Ou comment je suis capable de parler de ma vie sans pour autant me flageller.



Tout a commencé par une élection de déléguées. Elles étaient deux à se présenter, pour deux déléguées. Je n'avais même pas voté pour elle. A croire que j'y avais mis de la mauvaise volonté, il n'y avait même pas d'autres candidat. Pour l'autre, même, j'avais voté. Elle me faisait peur j'imagine, la peur du Lovelace effrayé pour sa liberté, la timidité du Jean qui, vous le connaissez, garde comme des résidus de fildeferiste en son for intérieur. Bref, je ne l'aimais pas. Mon manque de clairvoyance m'impressionne vraiment parfois. Même ses cheveux roux ne me faisaient rien, pas d'effet. Ses pantalons noirs, non plus. Et puis bon, je traînais pas mal à l'époque, je rôdais sur les Tobacco Road, même. Je n'avais même pas les idées claires, parce que je faisais des choses que je n'avais jamais faites au Paravant, et ça me déstabilisait. Il a fallu attendre que je m'installe. Que je comprenne ce qui allait composer ma vie, dorénavant. Que j'appréhende mon overdose de liberté, qui me faisait faire n'importe quoi.


Je me souviens d'autre chose. C'était pendant les concours blancs. On allait au Zig Zag, prendre un café. Et on descendant à la cave, où on étaient seuls. Enfin, on était ensemble quoi, je sais pas six, sept, ça dépendait des moments. Mais t'étais là, quand même. Et puis, souvent tu partais plus tôt, parce que t'avais une vie occupée, déjà à l'époque. T'avais toujours des gens à aller voir. Ca te rendait un peu inaccessible.


Un soir, on s'est retrouvés assis contre un mur, côte à côte tous les deux, juste avant Noël. Il était tard, on était bien. Elle regardait droit devant elle, ou bien elle se cachait avec ses cheveux. Typique, me direz-vous. Moi, j'adorais. D'ailleurs, j'ai commencé à la dévorer des yeux, et elle a dit oui, et on a dormi, côte à côte tous les deux, juste avant Noël.


Et puis c'était les vacances de Noël. Il faisait froid, je fumais presque quotidiennement déjà. Les Concours m'avaient achevé. Ou alors je m'invente de fausses excuses. Et oui, donc, elle m'a appelé le soir du Nouvel An. Et on a parlé de religion, trois quarts d'heure peut-être. Le soir du Nouvel An. J'étais dans la petite pièce ou les gens vont téléphoner, et j'avais un sourire aux lèvres, je mangeais des clémentines sans faire de bruit. Puis on s'est appelé un peu plus souvent, le soir, la nuit. Des heures. Et on pensait à se retrouver, et on aimait ça, de se faire rêver, et d'imaginer nos craintes, nos manières de baisser la tête, quand on serait face à face. On parlait de ce qu'on vivait.


Et puis le jour est venu où on était tous les deux, seuls, dans ma petite chambre. Elle avait acheté une chemise exprès pour moi, ce jour-là. Mais elle me l'a dit que plus tard. Et alors, moi j'ai tourné autour du pot, comme je fais toujours. Et elle pensait "Bordel embrasse-moi". Ca, elle me l'a jamais dit, mais je crois que je le sais. Et puis on est arrivé en retard pour voir Mathieu, le samedi et le dimanche. Et il a su tout de suite. Il avait déjà dû le vivre.


Il y a eu d'autres nuits, l'un contre l'autre. C'est de mieux en mieux. J'aime la connaître, j'aime quand elle me dit ce qu'elle connaît de moi, et que je lui dis Non tu te trompes alors que je pense Mais euh comment tu sais. J'aime aussi ses yeux chafouins, et sa façon de marcher, et de danser. Et j'aime sa tolérance, sa simplicité, son côté Quand j'en ai marre je le dis et son non-conformisme, et ses meilleurs amies. Jacinthe ne connaît pas Longchamp, elle a toujours des capotes anglaises chez elle, et je la trouve magnifique. Mais Jas passe beaucoup de temps sur MSN ; d'ailleurs elle y est, là. L'inspiration viendrait d'elle alors, un peu comme une muse. C'est kiffant de penser ça.


[Le problème avec ces trucs-là, c'est que personne ne met jamais de commentaires]



# Posté le dimanche 01 avril 2007 17:23

Modifié le lundi 02 avril 2007 08:39

Cercle zutique.

Cercle zutique.



J'en suis venu à ne plus prendre parti, pour rien. C'est vrai, on vit, on se renie, un peu, beaucoup, le fond -si tant est qu'il existe, se désagrège, et puis plus rien. Un vide, ou plutôt non, une surface, interchangeable. Je suis très tolérant, vous savez, adaptable. Forcément, vous me direz, il faut s'adapter pour vivre en société. Mais jusqu'à quel point? A partir de quand notre adaptation se transforme-t-elle en hypocrisie?



Je ne craque jamais, ni déprime, ni crises de larmes. Ni même de sentiment de tristesse. Parfois, une sensation de malaise, aiguë. Comme un pincement au coeur. Ou alors, une voix qui me chuchote Qu'est-ce que tu fous ici. Somme toute, je vais bien. La prépa ne m'abat pas, loin de là. Ni même de déceptions amoureuses, ou alors de problèmes familiaux. Je ne me plains pas, parce qu'il n'y a vraiment pas de quoi. Je m'arrête parfois, juste, je pose mon crayon à papier, et je me dis Qu'est-ce que tu fous ici?



What is love? N'y a pas que les beaufs qui le braillent devant leur webcam, y a aussi des gens que ça travaille. Genre, l'amour, c'est une besoin, un égoïsme absent ou surdimensionné, une manière de se sentir exister. Une pulsion, un instinct, un camouflage, une facilité, un abandon, un parjure, une abnégation, une résignation. Je me demande parfois si l'on ne peut pas aimer que quand on est enfant. Faudrait les prendre au berceau, et les marier. Ils ne sabordent pas leurs relations on purpose, eux.



Genre, je me la joue empêcheur de tourner en rond alors qu'on n'a pas vu plus consensuel que moi. Je sais pas trop. Peut-être ma vie est pas en adéquation avec ma pensée, un truc du style. C'est pas une attitude de philosophe, tout ça. Bosser puissance mille, ce serait être en adéquation, ça? Ouais, je vais tenter le coup, et je deviendrai chef d'entreprise. Au début, je serai tout seul. Mais après Bayrou deviendra président. Et alors, je pourrai embaucher deux salariés, sans payer de cotisations sociales. Et ce sera bien.



Je kiffe Calabria 2006, aussi.


# Posté le dimanche 25 février 2007 13:33

Modifié le mercredi 23 mai 2007 05:28

Ta mère, elle a joué dans Irréversible, nan?

Ta mère, elle a joué dans Irréversible, nan?



Fatal Bazooka : le deuxième tube! Découvre Mauvaise Foi Nocturne feat Vitoo. Je sais pas, merde quoi, pour une fois que j'ai l'élan pour écrire un truc, skyblog gâche tout avec ses publicités encombrantes. Quoique, tu me diras, encore hier, une individue tout à fait honorable me révélait sa flamme pour Fatal Bazooka. Comment réagir, fallait-il rire, pleurer ou commettre un meurtre? J'ai choisi la meilleure voie, j'ai révélé la mienne aussi.



Thomas me laisse pas le choix, il se charge de raconter ma vie, alors il ne me reste plus qu'à m'enterrer et à mourir en paix. Tentation non dénuée d'intérêt du point de vue du préparationnaire adepte du foutage de vie en l'air et autres travers adolescents. Ma vie ne rime à rien, je veux dire. Pour l'instant. Je ne suis pas un mec ce qu'on pourrait appeler cohérent. J'ai tendance à me contredire souvent. Outre les problèmes évidents lorsque je rédige une dissertation, ce phénomène me laisse relativiser à loisir sur une éventuelle cohérence de la vie. Oui, non? Les plaisirs charnels et consorts sont tristement célèbres pour leur absence de logique. Plus t'en as, plus t'en veux. Et ça ne t'apporte rien pour autant. La vie est une machine infernale. Do I make myself clear? En réalité, partager sa vie entre le travail et les amours que je n'ai plus, ça devient très accablant. Alors, on fait ce qu'on peut, on soulève des soupapes de sécurité, pour s'échapper. On fait comme les fils de riches et on raconte nos exploits après. Une Mauvaise Foi Nocturne, en quelque sorte.



Ce soir, au réveil, je me suis dit, je suis nul. Oh un alexandrin! Pareil, ça fait classe de trouver des alexandrins au détour d'une prose insignifiante. D'ailleurs, celui-ci n'est guère académique, la césure est mal placée, le rythme est bancal, t'essayes de faire quoi franchement, là?



J'ai une idée. Je vais maintenant vous montrer à quel point je suis pas cohérent. Regardez, j'aurais pu tout aussi bien commencer mon article avec ça. En fait, ma vie, elle est bien. Franchement, l'amitié, le sexe, les bouquins, le rock, tout ça, j'aime. Je n'ai franchement pas de quoi me plaindre. And my parents love me, and my girlfriend loves me. Enfin, ça ça reste à voir, d'ailleurs Girlfriend, ça me fait penser à TTC. Et tout de suite, c'est moins mélodieux. Nan, sérieusement, je m'épanouis, sur tous les plans. D'ailleurs, je suis même pas trop pauvre en ce moment. Je vais aller passer trois jours à l'île de Ré, et ça me fait kiffer. Je vais rentrer à Paris, ensuite, dans ma chambre de 8 mètres sur 2. Et là, j'attendrai lundi 5 mars. Et je serai content de rentrer. Question de masochisme. Ou peut être que j'ai une intuition vraie de ce qui est bon pour moi. Je parle beaucoup, mais tout ça pour dire que je fais un peu mon capricieux, à me plaindre.



Je suis sorti avec une fille hier, en boîte. Une blonde, petite, terminale, sûrement. Elle avait cours demain. Ses cheveux sentaient bons, elle dansait bien, embrassait bien. Maud. Je ne connais d'elle que son prénom, et qu'elle avait cours demain. Je trouve ça pauvre pour tisser une relation. D'ailleurs, je trouve ça très symptômatique. Mon profond manque de cohérence a encore à voir là-dedans, j'imagine. Ou il est aussi possible que j'étais tout simplement en manque profond d'affection, ou simplement un vieux connard qui a la réputation de "tremper un peu partout" (sic). Je n'en sais rien, mais je sais que la satisfaction que j'ai éprouvée après coup m'a semblé profondément dérisoire. Et à l'odeur de ses cheveux s'est mêlée une odeur de culpabilité, de malaise, de ridicule. Bah.



Quand je pense que tant de gens croient en moi. Je me souviens, avant la rentrée, j'avais écrit dans un article que j'étais sûr de décevoir mes profs de prépa. Eh bien, la prophétie s'est à moitié réalisée, mais le pire, c'est que je me suis un peu déçu moi, aussi. C'est assez triste à dire. C'est bizarre, je reviens inlassablement à la même conclusion : ça va changer. Je vais changer. Doit y avoir moyen de moyenner, tout ça. Relisez les anciens articles, toujours l'idée mais jamais la volonté. Bah, ça va changer.


Echange clopes contre motivation. Demandez Jean.

# Posté le vendredi 23 février 2007 12:07