J'en suis venu à ne plus prendre parti, pour rien. C'est vrai, on vit, on se renie, un peu, beaucoup, le fond -si tant est qu'il existe, se désagrège, et puis plus rien. Un vide, ou plutôt non, une surface, interchangeable. Je suis très tolérant, vous savez, adaptable. Forcément, vous me direz, il faut s'adapter pour vivre en société. Mais jusqu'à quel point? A partir de quand notre adaptation se transforme-t-elle en hypocrisie?
Je ne craque jamais, ni déprime, ni crises de larmes. Ni même de sentiment de tristesse. Parfois, une sensation de malaise, aiguë. Comme un pincement au coeur. Ou alors, une voix qui me chuchote Qu'est-ce que tu fous ici. Somme toute, je vais bien. La prépa ne m'abat pas, loin de là. Ni même de déceptions amoureuses, ou alors de problèmes familiaux. Je ne me plains pas, parce qu'il n'y a vraiment pas de quoi. Je m'arrête parfois, juste, je pose mon crayon à papier, et je me dis Qu'est-ce que tu fous ici?
What is love? N'y a pas que les beaufs qui le braillent devant leur webcam, y a aussi des gens que ça travaille. Genre, l'amour, c'est une besoin, un égoïsme absent ou surdimensionné, une manière de se sentir exister. Une pulsion, un instinct, un camouflage, une facilité, un abandon, un parjure, une abnégation, une résignation. Je me demande parfois si l'on ne peut pas aimer que quand on est enfant. Faudrait les prendre au berceau, et les marier. Ils ne sabordent pas leurs relations on purpose, eux.
Genre, je me la joue empêcheur de tourner en rond alors qu'on n'a pas vu plus consensuel que moi. Je sais pas trop. Peut-être ma vie est pas en adéquation avec ma pensée, un truc du style. C'est pas une attitude de philosophe, tout ça. Bosser puissance mille, ce serait être en adéquation, ça? Ouais, je vais tenter le coup, et je deviendrai chef d'entreprise. Au début, je serai tout seul. Mais après Bayrou deviendra président. Et alors, je pourrai embaucher deux salariés, sans payer de cotisations sociales. Et ce sera bien.
Je kiffe Calabria 2006, aussi.




