Si j'en crois les publicités outrancières de Skyblog, pas besoin d'avoir inventé l'eau chaude pour créer son skyblog. Ils préconisent en effet trois étapes simples, pour les près de
5 millions de bras cassés que ça intéresse.
Première étape : L'article.
Moi je veux bien, mais d'où est-ce que tu le trouves l'article? Parce qu'ils croient qu'il suffit d'ouvrir un robinet et hop hop hop ya plein d'articles qui sortent. Nan mais je sais pas, soyons un peu réalistes, l'article, s'il ne se résume pas à une suite incohérente d'interjections triviales,
nécessite un travail de fond.
Personnellement, j'aime à comparer ce travail au fonctionnement de la baratte à beurre. Qu'est-ce qu'une baratte à beurre, et que vient-elle foutre ici? Sans rentrer dans les détails, le système interne d'une baratte peut être assimilée à celui d'une centrifugeuse, c'est à dire que le lait doit être en quelque sorte battu et rebattu, avant de pouvoir en toute logique former une masse spongieuse, destinée à être empaquetée et consommée par la société. D'où le terme de société de consommation. Mais revenons à la baratte, permettez-moi mais je pouffe. Comment en effet un instrument aussi trivial que la baratte peut-il être comparé au long et fastidieux travail de l'écriture? Tut tut tut, pas de raccourcis simplistes.
Lorsque l'on écrit, il existe deux cas de figures : Ou bien tout coule, tout fluctue, comme le disait Héraclite D'Ephèse, ou bien au contraire, vous vous heurtez perpétuellement à un mur d'inspiration, bref vous ne savez pas quoi dire. Le premier cas se règle aisément, vous n'avez qu'à suivre béatement le fil de votre pensée, à vos risques et périls toutefois. C'est le second cas qui nous intéresse aujourd'hui. Comment pallier cette angoisse de la page blanche, comment remédier à ce vide intercosmique qui nous tenaille méchamment? C'est là que la baratte intervient. Le travail de la baratte est long et régulier, la machine tourne sur elle-même, ressasse et ressasse encore, jusqu'à ce que Ô miracle,
le lait soit devenu beurre. Le travail intellectuel est similaire.
Qui n'a jamais connu cet état fièvreux et intense qui caractérise l'homme au travail? Les mucles tendus, la sueur qui perle au front et le regard concentré, l'homme rélféchit, il cherche. Peu importe ce qu'il cherche, il est fixé sur son objectif, volontaire, appliqué. Comment Pascal pouvait-il parler de divertissement pascalien à l'encontre du travail? Ce magnifique fondement humain qu'est le travail ne peut être réduit à un aveuglement. Il existe une profondeur, une beauté dans le travail. Et le labeur, valeur ancestrale, est commun à tous, même à un jeune qui se plaît à écrire des articles imbuvables.
Deuxième étape : La photo.
Bon, vous venez de vous farcir 20 bonnes lignes de masturbation mentale, je vous accorde un peu de repos. Nous nous contenterons de renvoyer à la photo ci dessus, qui me vient d'ailleurs d'un blog tenu par un certain Pierre, qui méritait qu'on le cite, puisque je pique un peu la photo qu'il à trouvé. Si cette photo vous choque, et que toute sa puissance évocatrice vous laisse de marbre,
vous êtes sans nul doute atteint de frigidité.
Troisième étape : C'est en ligne.
Est-ce vraiment une étape en soi? J'en viens à me demander si la vulgarisation permanente du monde qui nous entoure n'aboutirait pas à une société de cons, qui ne pensent pas par eux-mêmes, et pire, pensent par autrui. Enfin bref, Matthieu Chedid le dit tellement bien, il est trop facile de se moquer des cons. Alors je m'abstiens, et puis franchement je trouve ça lourd les gens qui frappent d'anathème tout et n'importe quoi, sous prétexte que c'est contraire à la démocratie, machin machin. Après tout, la vie n'est qu'une succession de désillusions qui débouchent sur une unique satisfaction : mourir.
Mouahah, jouer les pessimistes me va très bien je trouve, vous savez bien que mon humanisme intrinsèque m'empêche toute pensée morbide, c'est d'ailleurs très chiant à la longue. Imaginez que j'ai été éduqué dans la vision idéaliste d'une société composée d'hommes et de femmes tous dotés d'un potentiel de citoyenneté, d'amour et de respect. Chaque fois que je critique, j'étais répondu (tournure anglaise très méritante je trouve) : Jean, ces gens que tu critiques, ils sont différents, ils n'ont pas eu ta chance, mais ne les enferme pas, ils ont au fond d'eux un talent, une propension à se montrer des gens biens. Après ça, comment voulez-vous que j'aille mal? Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. J'emmerde Leibniz, en plus c'était un mathématicien.
Vous vous en doutez, je relis souvent mes articles avant de les publier, et en relisant celui-ci, il m'est apparu une chose : il serait peut être temps pour moi de revenir au bon vieux système, assavoir parler de choses concrètes, qui existent quoi. Nan mais regardez, à titre d'exemples, mes tout premiers articles, à l'époque où la candeur l'emportait encore sur la névrose, eh bien, vous n'aurez qu'à voir, jamais j'aurais déblatéré comme ça, pour rien. Je parlais de choses sensibles quoi, mais là mon blog est devenu une incompréhension à lui tout seul.
Va-t-en (quoi, c'est comme ça que tu me parles?) savoir pourquoi ma prose enfantine s'est transformée en une ratiocination sans queue ni tête, peut être est-ce dû à l'adolescence, après tout je me construis, ça doit être ça. Et donc si on suit la logique des articles, plus je me construis, plus je suis confus et embrouillé. Hum. Je me construis à l'envers, voilà ça doit être ça. Je suis atteint d'une maladie particulièrement rare, dont le principal symptôme est l'embrouille progressive. Particulièrement alarmé, je demande hier soir conseil à ma pharmacienne, elle me répond, accorte, que l'on sombre tous plus ou moins dans l'incompréhensible. Soit. Dans ce cas, j'y reste.
Juste une phrase qui est pas dans l'incompréhensible, pour les assidu(e)s du subliminal.
Si des gendarmes vous prennent à part un jour pour vous dire qu'il y a deux solutions, courez.